Zoroastre et la naissance d’une foi apocalyptique

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La lutte entre le Cosmos et le Chaos

Par R. D. Brinsmead

Le résumé suivant a été tiré, pour sa plus grande part, de trois excellentes publications largement reconnues sur les Zoroastriens: Norman Cohn, « Cosmos, Chaos and the World to Come: the Ancient Roots of Apocalyptic Faith » (Cosmos, Chaos et le Monde à Venir: Les Racines Anciennes de la Foi Apocalyptique, ndlr); Mary Boyce, « Zoroastrians: Their Religious Beliefs and Practices » (Les Zoroastriens: Leurs Croyances Religieuses et Leurs Pratiques, ndlr); et S. A. Kapadia, « The Teaching of Zoroaster and the Philosophy of the Parsi Religion«   (L’enseignement de Zoroastre et la Philosophie de la Religion Parsie [Perse], ndlr).

Norman Cohn a écrit une postface à la fin de son livre également excellent, que je vais citer en entier:

« Ce livre se préoccupe d’un tournant majeur dans l’histoire de la conscience humaine: il s’évertue à décrire comment le destin du monde et de l’être humain en est venu à s’imaginer selon une voie nouvelle, et comment ces nouvelles espérances ont commencé à se répandre ailleurs. Une brève récapitulation des événements ne sera pas de trop.

Jusqu’à 1500 av. J.C. des peuples aussi divers que les Égyptiens, les Sumériens, les Babyloniens, les Indo-Iraniens et leurs descendants indiens et iraniens, les Cananéens, les Israélites d’avant l’Exode étaient tous d’accord qu’au Commencement le monde avait été organisé, mis en ordre, par un dieu ou plusieurs dieux, et qu’essentiellement il était immuable. Pour chaque peuple, la sécurité – impliquant la fertilité de la terre, la victoire à la guerre, des relations sociales stables sanctionnées par la coutume et la loi – étaient le signe extérieur visible qu’effectivement, un ordonnancement divin existait.

Toutefois, cet ordre n’était jamais sans troubles, il était en permanence menacé par des forces malveillantes et destructrices – parfois identifiées à une inondation ou à une sécheresse, une famine ou une peste, à l’inertie ou à la mort elle-même – mais parfois aussi par des peuples hostiles ou des conquérants tyranniques. Dans le mythe du combat, selon ses formulations variées, le conflit entre l’ordre universel et les forces qui le menaçaient ou l’envahissaient ou le blessaient – entre le cosmos et le chaos – recevait une expression symbolique. Un jeune héros dieu, ou guerrier divin, était chargé par les dieux de la tâche de repousser les forces maléfiques; et en retour il recevait la royauté du monde.

Quelque part entre 1500 et 1200 av. J.C. Zoroastre a rompu avec cette vision statique mais anxieuse de l’existence. Il l’a fait en réinterprétant, radicalement, la vision iranienne du mythe du combat. Dans la vision de Zoroastre ce monde n’était pas statique, ou allait-il éternellement rester troublé. En l’instant lui-même, le monde était en mouvement, à travers des conflits incessants, vers un état libre de ces conflits. Le temps viendrait où dans une bataille finale prodigieuse, le dieu suprême et ses alliés surnaturels vaincraient les forces du chaos et leurs alliés humains pour les éliminer une fois pour toutes. Dès lors l’ordre de commandement divin aurait absolument obtenu que: la détresse physique et le besoin ne seraient plus connus, il n’y aurait plus aucune menace antagoniste, au sein de la communauté des sauvés il y aurait l’unanimité absolue; en un mot, le monde serait pour toujours pacifié, et sûr.

Inconnue avant Zoroastre, cette attente a profondément influencé certains groupes juifs – comme en témoignent quelques-unes des apocalypses et écritures trouvées à Qumrân. Surtout, elle a influencé la secte du Nazaréen, avec des conséquences incalculables.

Dans ce livre l’histoire ne porte que jusqu’au bout du premier siècle de notre ère – mais l’histoire elle-même s’est poursuivie au fil des âges. Et quelle histoire elle est devenue! Beaucoup de spéculation théologique; des mouvements millénaristes innombrables, y compris ceux qui fleurissent en ce moment, avec vigueur aux USA; même l’attrait encore naguère exercé par l’idéologie marxiste-léniniste – tout ceci en fait partie. Il n’y a pas de quoi songer que cette histoire approche de son terme. La tradition dont les origines sont étudiées dans ce livre est encore vivante et fertile. Qui peut dire quelles fantaisies, religieuses ou séculières, elle peut générer dans un avenir indéfini? »

Zarathoustra – le premier prophète d’une foi apocalyptique

Zarathoustra (ou Zoroastre comme le dénommaient les Grecs) est né autour de 1500 av. J.C. Il est réputé être né par miracle, en réponse aux prières d’un saint homme et de son épouse également sainte. L’esprit mauvais et séducteur nommé Angra Mainyu, qui depuis le départ est défini comme l’adversaire de l’homme, est réputé avoir fui de terreur lors de la naissance de Zarathoustra, pour ne revenir que plus tard pour tenter l’homme de Dieu avec la promesse du pouvoir sur les royaumes de ce monde. À l’âge de sept ans Zoroastre entama son apprentissage sous la tutelle ecclésiastique, et à l’âge de 15 ans (l’âge de l’entrée dans l’âge adulte dans sa culture) il devint prêtre selon son ancienne foi iranienne. Lorsqu’il avait 20 ans, Zoroastre entra dans une période d’errance en quête de la Vérité. Quand il avait 30 ans, il est entré dans les eaux d’une rivière pour y puiser de l’eau pour une cérémonie religieuse, et alors qu’il ressortait de l’eau, il eut la vision d’un Être brillant sur la berge de la rivière. Cet Être surnaturel conduisit Zoroastre en la présence même d’Ahura Mazda, le Créateur éternel. Ce fut la première d’une série d’occasions où Zoroastre allait communier en vision avec Ahura Mazda.

Grâce à ces expériences prophétiques, Zoroastre en vint à intégrer et enseigner une vision du monde qui, à son époque, était complètement révolutionnaire. Ses aspects principaux étaient les suivants: Il existe deux esprits primitifs et antagonistes dans le Cosmos. D’une part il y a l’esprit d’Ahura Mazda le Créateur – la source de l’ordre (asha) de la vérité, de la justice et de tout ce qui est bon. D’autre part il y a un esprit hostile, un adversaire, un anti-créateur qui est hostile à tout ce qui est bon. Son nom est Angra Mainyu. Cette figure mythique est à peu près ce que le Diable ou Satan est devenu dans la religion chrétienne.

Ahura Mazda a créé l’homme dans l’environnement d’un monde parfait, sachant très bien qu’Angra Mainyu séduirait l’humanité et apporterait la corruption et la mort au sein de son monde parfait. Le plan d’Ahura Mazda cependant, était de se servir de la création de l’homme comme moyen pour piéger son grand adversaire. Malgré le succès apparent d’Angra Mainyu à corrompre la création de Dieu, le plan d’Ahura Mazda était d’utiliser l’humanité comme son allié pour enfin défaire l’ennemi de tout ce qui est bon. Ce que tout ceci voulait dire est que ce monde doit être vu comme le champ de bataille entre le bien et le mal.

Ce ne furent pas John Milton dans sa grande épopée Paradise Lost, ou Ellen White dans sa Grande Controverse Entre le Christ et Satan, ou même le Livre de la Révélation de St. Jean de l’Apocalypse qui ont les premiers dépeint ce conflit cosmique entre le bien et le mal. Bien avant Moïse ou le Judaïsme post-Exode, et plus longtemps encore avant que le Livre chrétien de l’Apocalypse en soit venu à être écrit, le prophète iranien Zoroastre avait globalement décrit la guerre cosmique entre Dieu et celui que les Chrétiens appellent Satan.

Zoroastre a réussi à transformer le vieux mythe du combat des Égyptiens, des Sumériens, des Babyloniens, des Indo-Iraniens, des Cananéens et même des Israélites d’avant l’Exode en une foi apocalyptique. Zoroastre fut le premier à concevoir que l’histoire devait avoir une fin définitive. Il allait y avoir une bataille finale entre les fils de la Lumière et les fils des Ténèbres, de la Vérité et de l’Erreur, du Bien et du Mal. Il y aurait une résurrection de tous ceux qui ont vécu sur Terre. Il y aurait un Jugement Dernier, à la suite duquel Angra Mainyu, ses hordes de démons et tous les humains qui ont suivi ses voies maléfiques seront châtiés et finalement annihilés (la seconde mort) par un formidable feu surnaturel.

Après ceci il s’ensuivra un moment « rendant merveilleux » (de « béatification ») où le monde sera miraculeusement transformé une fois de plus en ce monde parfait qui existait au commencement de l’histoire. La race humaine « sauvée » vivra alors éternellement en familles heureuses (mais sans enfants) dans une existence corporelle ou physique au sein du Paradis restauré (le mot Perse pour jardin) sur cette Terre.

« L’idée que le monde actuel soit destiné à finir en un Jugement Dernier et remplacé par un nouveau monde incorruptible – c’était totalement nouveau… L’origine ultime de la notion que le temps allait avoir une fin repose effectivement dans les expériences visionnaires du prophète iranien Zoroastre. » – Cohn, p. 231

« Zoroastre a été le premier à enseigner la doctrine d’un jugement individuel, du Paradis et de l’Enfer, de la future résurrection du corps, du Jugement Dernier universel et de la vie éternelle sur Terre pour l’âme et le corps réunifiés. » – (Mary Boyce)

Boyce dit que Zoroastre a été le fondateur de la première religion disposant d’une croyance, une qui a d’ailleurs eu plus d’influence qu’aucune autre. Ce prophète iranien a précédé Bouddha, Moïse, Jésus ou Mahomet. « Le zoroastrisme en lui-même est la plus ancienne des religions dogmatiques et prosélytes du monde. » (Boyce, p. 99)

 Norman Cohn a sans doute raison quand il affirme que le seul livre de l’Ancien Testament qui s’approche même de loin de la vision apocalyptique de Zoroastre de la fin de l’histoire soit le livre de Daniel. C’était un livre très tardif et le dernier à être inclus dans le canon de l’Ancien Testament. Le livre de Daniel est un livre apocalyptique rédigé après que les Juifs aient vécu pendant deux cents ans sous le règne bienveillant de l’empire achéménide (Perse). Durant cette période, les intellectuels juifs ont puisé profondément dans la fontaine de la tradition religieuse zoroastrienne. Notablement, les auteurs bibliques post-Exode n’avaient aucun commentaire haineux à émettre sur les divinités perses comme elles ont pu en avoir pour les divinités babyloniennes, cananéennes ou assyriennes. Une large part du livre de Daniel (les chapitres 2 à 7) a été écrite en Araméen, la langue universelle de l’empire achéménide – tout comme le Grec de la koinè est devenu la langue universelle à l’époque gréco-romaine. La narration de Daniel d’une grande figure ayant une tête d’or, des bras et un poitrail en argent, un ventre et des cuisses en airain, des jambes de fer et des pieds en fer et en argile (Daniel 2) a été tirée directement d’un enseignement zoroastrien sur un arbre symbolique fait d’or, d’argent, de bronze, de fer et d’un mélange final de fer et d’argile. Beaucoup de termes-clé à travers le livre de Daniel ont une origine zoroastrienne. Par-dessus tout, les spécialistes admettent en général que le Jugement Dernier de Daniel 7 et son enseignement sur une résurrection corporelle pour toute l’humanité dans Daniel 12 témoignent de l’influence indiscutable de la foi zoroastrienne.

En complément de cet enseignement sur le Jugement Dernier, de la résurrection des corps et de la « béatification » du Paradis restauré sur Terre, Zoroastre avait un enseignement clair sur « l’état intermédiaire » entre l’instant de la mort d’un individu et la résurrection générale. Lors de la mort, l’âme du défunt était décrite comme devant traverser un pont étroit. Ceux qui étaient lestés par plus de mauvaises actions que de bonnes tombaient dans l’abysse où ils subissaient un châtiment préliminaire tandis qu’ils attendaient le Jugement Dernier et la résurrection des corps. Inversement, les âmes de ceux dont les bonnes actions pesaient plus lourd que leurs mauvaises actions entraient dans la félicité d’un état intermédiaire en la présence de Dieu. Il est dit que Martin Luther aurait sorti la phrase, « Seule une âme idiote voudrait récupérer son corps. » Zoroastre, toutefois, avait une opinion différente du corps. Il enseignait que le bonheur de l’âme ne pouvait pas être complet jusqu’à ce qu’elle soit réunie avec son corps. Cet enseignement provenait de l’entendement de Zoroastre selon lequel il y a d’abord eu une création spirituelle suivie de son parachèvement sous une forme matérielle ou physique. C’était un enseignement qui donnait au zoroastrisme une vision élevée, de concert avec une profonde compréhension de l’environnement physique, y compris de l’importance du corps humain.

Bien que le zoroastrisme ait été une foi confessionnelle qui préservait fidèlement la tradition originelle avec peu de changements, il y a eu des développements dans sa théologie par-delà l’époque de Zoroastre. L’un de ces développements concernait le destin ultime échu à ceux qui tombaient du pont dans les châtiments infernaux. Zoroastre avait initialement enseigné que ces âmes perdues seraient éventuellement annihilées au cours du châtiment final par une « seconde mort » miséricordieuse. (Comme pour anticiper l’enseignement de certaines sectes chrétiennes, tels les Adventistes du Septième Jour). Mais plus tard les théologiens zoroastriens ont commencé à concevoir que même ces âmes déchues verraient le vice purgé de leur nature, afin qu’elles rejoignent le foyer de l’humanité rachetée. Parce qu’ils sont aussi les enfants de Dieu, ils finiront par réaliser le destin prévu pour tous ceux qui partagent la nature de Dieu. À cet égard les Zoroastriens ont anticipé l’ « universalisme » d’Origène et la minorité de penseurs chrétiens au fil des âges qui ont enseigné que toute l’humanité, éventuellement, serait sauvée.

Code moral et éthique

Le code moral et les idéaux éthiques de Zoroastre sont équivalents, sinon supérieurs sous certains aspects, à la loi de Moïse. Les enseignements moraux de Zoroastre sont si excellents qu’ils méritent d’être placés aux côtés des écrits des grands prophètes hébreux. La loi d’Ahura Mazda enjoignait à une discipline consistant de bonnes pensées, de bonnes paroles, et de bonnes actions. L’amour de son voisin n’en demandait pas moins. La diligence était partout recommandée, et l’oisiveté partout condamnée. L’amour de son voisin exigeait que les « fils de la lumière » s’abstiennent de la diffamation, de l’infidélité matrimoniale et du non-remboursement des dettes. L’attention et la gentillesse envers les autres est encouragée en toutes circonstances.

Le zoroastrisme avait une vision plus élevée des femmes que la loi mosaïque en ce qu’il tendait davantage à considérer les femmes comme égales.

D’autres aspects saillants du zoroastrisme

* Il y avait un très fort accent mis sur l’hygiène qui comprenait la pureté de l’eau, la propreté du corps et une séparation de la contamination provenant des cadavres – qui trouvent toutes leur pendant dans la loi mosaïque qui est arrivée après le zoroastrisme.

* L’éthique zoroastrienne exigeait un devoir de soin et de gentillesse envers les animaux qui est plutôt surprenant. Zoroastre enseignait que même les animaux ont des âmes qui s’élèveront au jour du Jugement Dernier pour accuser ceux qui d’une quelconque façon les auront négligés, auront fait preuve de méchanceté ou manqué d’attention envers eux. D’autre part, chaque petit acte de gentillesse – envers un chien, une chèvre ou une vache – ne passerait pas inaperçu ou sans récompense. Alors que Zoroastre n’allait pas jusqu’à inviter au végétarisme, il enseignait qu’aucune vie animale ne devrait être sacrifiée, même lors de la chasse, sauf par nécessité humaine, et toujours avec une prière et le respect de la vie de la bête. La chasse pour le plaisir était strictement interdite. Si la vie d’un animal devait être prise par rapport à un besoin humain, elle devait l’être avec respect et révérence. Une portion de la viande était offerte aux prêtres officiants, et aucune viande n’était mangée sans révérence pour la vie qui avait été sacrifiée. Sur ce sujet de l’attention et du soin envers les animaux, Zoroastre semble exprimer un état de conscience humaine plus élevé ou plus avancé qu’il s’en est généralement trouvé au sein de la tradition judéo-chrétienne, avec pour exception quelques-unes des paroles du Christ.

* Zoroastre s’opposait avec véhémence au jeûne religieux. De son point de vue, le jeûne affaiblissait plutôt que renforçait le corps qui était nécessaire pour servir à l’humanité ainsi que le réclamait Ahura Mazda. La seule sorte de « jeûne » dont veuille Ahura Mazda de la part de ses adorateurs n’est pas de s’abstenir de la nourriture mais de s’abstenir de toute pensée, parole ou action malveillante. Cette sorte de perspective religieuse semblait totalement novatrice à cette époque. Pourtant un prophète hébreu qui vivait sous le règne des Achéménides dédaignait aussi le jeûne religieux. Il clamait que le seul jeûne agréable à Dieu était un amour sincère envers l’humanité, exprimé en nourrissant les pauvres, en habillant ceux qui vont nus et en fournissant un abri à ceux qui n’en ont pas (Isaïe 58). Il est difficile d’éviter l’induction que ce passage du Deutéro-Isaïe n’ait pas prélevé ce genre d’enseignement du prophète Zoroastre.

* La raison pour laquelle la foi zoroastrienne ne fut pas transcrite avant le 6è siècle av. J.C. est que les prêtres zoroastriens rejetaient l’écriture comme médium indigne d’enregistrer les paroles saintes de la foi. En cela, ils ont peut-être exprimé le début d’une compréhension qui sera reprise plus tard par l’auteur du quatrième Évangile du Nouveau Testament. Cet auteur enseigne que le Verbe de Dieu ne peut être contenu dans aucun livre écrit, mais ne peut qu’être incarné dans une vie humaine (voir Jean 1). Saint Paul, lui aussi, plaide que la foi vivante dans le nouvel âge de l’Esprit transcende la structure textuelle sans vie de n’importe quel document écrit (Galates 3 et 4; 2 Corinthiens 3; Romains 7).

* Les Zoroastriens entretenaient quelques mythes singuliers qui étaient intégrés à leur culture. Le feu était un symbole sacré/sacrement de la présence divine. L’Adversaire [Angra Mainyu] avait corrompu le feu en créant la fumée. La fumée était associée à ce qui est démoniaque. Les grenouilles étaient maléfiques, et créées par l’Adversaire. Il en était de même des lézards, des serpents, des scorpions et d’autres créatures répugnantes. Ceci aide à éclairer certains passages de l’Apocalypse du Nouveau Testament qui utilisent des grenouilles, des scorpions et de la fumée comme vecteurs du mal – une autre indication des influences zoroastriennes sur la littérature chrétienne.

Il y a d’autres aspects de l’enseignement de Zoroastre qui sont des précurseurs d’écritures judéo-chrétiennes. Notamment:

* Zoroastre enseignait qu’il y a 6 étapes à la création du monde – étape 1, la création du firmament céleste; étape 2, l’apparition de l’eau; étape 3, la formation de la terre; étape 4, la création des plantes; étape 5, la création des animaux, et enfin l’étape 6, la création de l’homme.

* Le premier homme s’appelait Yima. Il était un Adam hébreu et un Noé rassemblés en un seul personnage. Comme l’homme dans l’histoire de la Genèse, Yima fut instruit de cultiver la terre et sa domination y est établie. Plus tard, il lui est instruit de construire un enclos pour y préserver les meilleurs animaux et plantes d’événements climatiques destructeurs à venir. Ceci trouve clairement son écho dans l’histoire de Noé et de l’Arche. Yima devint un seigneur puissant sous la bénédiction d’Ahura Mazda, mais alors Angra Mainyu le séduisit pour qu’il devienne tout d’abord orgueilleux et ensuite désobéissant. Tout ceci faisait partie du grand combat entre le bien et le mal dont le destin était d’être résolu sur cette Terre. Comme nous l’avons déjà souligné, nous rencontrons ce thème de la grande guerre cosmique dans le dernier livre du Nouveau Testament (l’Apocalypse selon Saint Jean) ainsi que dans les derniers écrits de John Milton (Paradise Lost) et d’Ellen White (La Grande Controverse entre le Christ et Satan).

Un Sauveur Cosmique

Initialement, Zoroastre espérait qu’il vivrait pour voir l’événement de « béatification » à la fin de l’histoire – tout comme Saint Paul s’attendait initialement à être en vie pour voir ce que le premiers Chrétiens appelaient l’événement de la Parousie. En d’autres termes, le zoroastrisme précoce était empreint du sens de l’ « immédiateté » et de l’ « imminence » – toujours la marque d’une foi apocalyptique authentique. Pour la plus grande part, le Zoroastrisme parvint à retenir ce sens de l’imminence de la fin des temps, ou du moins furent-ils à même de rationaliser le fait que leur Messie ne soit pas revenu. Quand Zoroastre pressentit qu’il ne serait pas vivant pour voir l’événement de « béatification » à la fin des temps, il prophétisa qu’Ahura Mazda ferait s’élever quelqu’un comme lui-même pour diriger l’humanité dans la bataille finale entre le bien et le mal. Une histoire parallèle apparaît dans les écritures hébraïques quand Moïse, sur le point d’expirer, instruisit son peuple que Dieu enverrait à Israël un prophète comme lui-même (Deutéronome 18:15).

Hors de cette espérance qu’un autre prophète comme Zoroastre viendrait dans les derniers jours, les Zoroastriens ont tiré une croyance sur le retour d’un Sauveur Cosmique appelé le Saoshyant – « celui qui apporte le bienfait ». Selon cette croyance, il mènerait l’humanité dans la dernière bataille contre le mal en se servant d’armement surnaturel, de façon assez semblable au Messie Guerrier de l’Apocalypse selon Saint Jean.

Quand Zoroastre expira, il fut allégué que la semence de son sperme avait été enfouie dans le Lac Kasaoya (en Iran, bien sûr) où elle était veillée par 999.000 âmes de défunts justes. Au moment voulu, après que les conditions sur Terre se soient sérieusement détériorées, une vierge élue descendrait dans le lac pour se baigner et devenir enceinte de la semence de Zoroastre. Bien que l’enfant soit entièrement humain – le fruit de l’union d’un mâle et d’une femelle – il serait doté de pouvoirs et d’armes surnaturels pour la grande bataille finale. En ce sens aussi il serait une figure de Messie Cosmique plutôt que seulement un Messie national pour les attentes des Juifs. Il est peut-être significatif que Paul de Tarse (une cité réputée pour être un centre de la religion zoroastrienne) ait élevé Jésus-Christ au-dessus du statut de simple Messie des Juifs pour en faire un Messie Cosmique de proportions zoroastriennes. La même chose peut être dite de l’Apocalypse selon Saint Jean. La raison pour laquelle Saint Paul eut tant de succès dans la promotion d’une foi à portée mondiale (alors que ceux qui restèrent Chrétiens Juifs ne le connurent pas) tient au fait que sa figure du Christ n’était pas seulement un Messie Juif, mais un messie cosmique qui comblait à la fois les espérances juives et les espérances iraniennes. Plus encore, le Christ de Saint Paul était une figure de Messie qui satisfaisait les espérances associées avec toutes les divinités mourantes ou naissantes du monde antique. Comme Joseph Campbell le dit, « Nous découvrons en Égypte la mythologie d’Osiris, assassiné puis ressuscité; en Mésopotamie Tammuz; en Syrie, Adonis; et en Grèce, Dionysos: qui tous ont servi de modèles aux premiers Chrétiens [emmenés par Saint Paul] dans leurs représentations du Christ. » (Myths to Live par Joseph Campbell, page 10)

Étant la première foi apocalyptique, le Zoroastrisme a fourni le modèle archétypique ou de paradigme pour le Judaïsme Apocalyptique et le Christianisme Apocalyptique. Zoroastre continue à vivre dans beaucoup d’aspects du Christianisme Occidental. Il continue même à vivre dans des mouvements laïcs qui ont émergé du terreau de lu Christianisme Occidental. Comme Cohn le dit à la fin de son livre, le Zoroastrisme « est toujours vivant et puissant. Qui peut dire quelles fantaisies, religieuses ou laïques, il pourra générer dans un avenir indéfini. »

Il y a une chose intrigante qui doit être dite sur le mythe apocalyptique du combat de Zoroastre.

Quand il fut repris dans le Judaïsme et ensuite le Christianisme il est devenu (pour user d’une phrase de Joseph Campbell) « l’une des mythologies de guerre les plus brutales de l’histoire ». Dans le Judaïsme Apocalyptique et le Christianisme Apocalyptique cette ancienne bataille zoroastrienne entre « les fils de la Lumière » et « les fils des Ténèbres » en est venue à être exprimée par la diabolisation des « autres » différents qui étaient jugés se trouver du mauvais côté de la bataille spirituelle. Porté jusqu’à à sa fin brutale, ce zèle apocalyptique pour Dieu a mené à une quantité épouvantable de conflits internes, de persécution d’hérétiques et même de carnage.

Il ne semble pas, toutefois, que ce genre d’agression religieuse envers les « autres » différents ait été un aspect de la foi zoroastrienne. L’empire achéménide (dont les dirigeants étaient zoroastriens) était généralement tolérant envers les religions indigènes à l’intérieur de son empire. Cyrus le Grand et ses successeurs ont été d’un très grand soutien aux Juifs dans la reconstruction de leur temple à Jérusalem.

Source: http://truthseeker1313.com/zoroaster-and-the-birth-of-an-apocalyptic-faith/

2 réflexions au sujet de « Zoroastre et la naissance d’une foi apocalyptique »

    • Thanks for reblogging…! You know, you have an English version available at this address: http://truthseeker1313.com/zoroaster-and-the-birth-of-an-apocalyptic-faith/ … 😉
      Zoroaster (aka Zarathustra) wasn’t around in ancient Sumerian times; he lived in the second millenium BC, and Sumer dates back to the millenium before that. Yet he is credited (that’s what this article is about) with the invention of an eschatological design beyond pantheism, and of the submission of the « gods » to this ages-old fight, they being instruments of a universal musical symphony.
      He built up a « novel » religion holding this creed, and heavily influenced Jewish thinking, as he directly inferred messianism as a necessary and impending event. His influence on Judaism can be incurred to have influenced Christianity too, even if Christ’s references were essentially Jewish, Enochian (see « book of Enoch », an apocryphal Old Testament book) and Essene.
      So Zoroaster was a kind of precursor, a man who had the intuition to imagine the eschatological fight between good and evil; his faith influenced the two religions that have had the most influence on the world’s history over the last two thousand years (and one might claim that Islam may not have seen the light of day if Judaism and Christianity had not preceded it), and on reading the original version, I felt it deserved a translated repost… 🙂
      By the by, all this messianic stuff is intimately connected with astronomical events (I had a look at « Symbols of an Alien Sky » on your blog), and Zoroaster was out by half an age. But his influence remains important, if not essential. Christ came at the correct time to qualify for the « Messiah » title, as he arrived at the moment humanity was passing from the age of Aries to the age of Pisces (hence the many references to fish in the Gospels, and the symbolism of the ram being sacrificed instead of Isaac by Abram [to be renamed Abraham afterwards]); Abraham lived at the time of the passage from Taurus to Aries, and the symbolism can be traced there too – this would imply that Abraham was the Avatar of that age, and Christ the Avatar of the age that is closing now, as we are passing from Pisces to Aquarius.
      There is an interesting difference in the tone of the Old Testament, as compared to that of the New Testament. The Old Testament seems to be centered on the respect and fear of the father, while the New Testament seems centered on the relationship between the sons. El Shaddaï is a vengeful and terrible God, and Christ’s God, if ominpotent and wrathful when necessary, is in essence gentle and kind, as should people be with one another.
      Perhaps the most important feature of these faiths is the Trinity – Father, Son and Holy Ghost. Ancient Judaism is the religion « of » the Father, Christianity is the religion « of » the Son, and we await the religion « of » the Holy Ghost.
      Aquarius is generally symbolised by a woman pouring water from a jar, but is also represented by an angel; the angel is the symbol of the evangelist John, which points to the Gospel of St. John as being the most impostant, in order to understand what is to be revealed.
      Change of age used to mean cataclysmic events, and sure enough, there are many cataclysms described in the book of the Revelation according to St. John of the Apocalypse, and the battle of Armageddon certainly doesn’t look engaging. Yet, for the Christian that I am, what is written must come to pass – Christ said to his disciples that they were entering the « last times », which means the last age, and that humanity was to await the coming of the « Paraclete », who would tell the truth, for he cannot do otherwise.
      Change of age used to mean change of cosmogony, and sure enough, a third of the firmament is due to fall down during the events of the first eschatological battle; a third of the city will fall, and seven thousand people will die. There was the battle between the Titans and the Gods in Greek mythology, and the overturning of the old generation by the new, and sure enough, what we will see will bear some – some – resemblance to that. Yet the outcome of this first battle is the imposition of a thousand-year period during which the Adversary (Satan, or Angra-Mainyu in zoroastrian myth) will be locked down, and all of humanity shall have a second chance (with the exception of those mentioned in the Apocalypse) to qualify for…
      And that, my friends, is another story. Stay tuned 😉

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